Skip to main content

L’agriculture biologique en horticulture

L'agriculture biologique en horticulture

Table des matières:

I.Introduction

II.Objectifs

III.Information générale sur l’horticulture biologique

A.Systèmes d’horticulture biologique

B.Le sol

C.Les éléments nutritifs

D.Lutte anti-ravageurs : approches

E.Gestion des ravageurs, des maladies et des mauvaises herbes

F.Recherche menée en horticulture biologique

IV.Le cas de l’Inde

A.Impacts négatifs de la Révolution verte (1967-1977)

B.Statut actuel de l’Inde en agriculture biologique

V.Conclusion



I. Introduction

L’agriculture biologique est une méthode de production respectant les lois de la nature. Le botaniste britannique, Albert Howard, qu’on appelle aussi souvent « le père de l’agriculture biologique moderne » a étudié les pratiques agricoles traditionnelles au Bengale. En 1972, est fondée en France la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM) et la certification commence en 1990. L’agriculture biologique a pour but de produire une nourriture nutritive, saine et non-polluée. Elle maximise l’usage des ressources internes à l’exploitation et minimalise l’usage des ressources extérieures à l’exploitation. Elle est orienté vers le bien social et non pas vers le pur profit. En agriculture biologique, c’est tout le système – flore, faune, sol, eau et micro-organismes – qui doit être protégé.

L’horticulture biologique est la science et l’art de cultiver des fruits, des légumes, des fleurs ou des plantes ornementales en suivant les principes essentiels de l’agriculture biologique pour ce qui concerne l’amélioration et la conservation du sol, la gestion des ravageurs et la préservation des variétés anciennes.

Les termes latins hortus (jardin) et cultura (culture) forment ensemble horticulture, traditionnellement définie comme la culture des plantes de jardin. L’horticulture est parfois aussi simplement définie comme étant « l’agriculture moins la charrue ». À la place de la charrue, l’horticulture a recours au labeur humain et aux outils à main de jardinage, bien que de petites machines comme les bineuses rotatives soient maintenant d’usage commun.   

Rôle de l’horticulture biologique :

  • C’est une opportunité réelle pour les cultures horticoles.
  • C’est un moyen d’expansion du marché alimentaire mondial (la demande en nourriture de production biologique augmente).
  • C’est un mode de production moins coûteux avec des prix de vente élevés susceptibles de compenser la réduction de rendement qu’entraînent les systèmes d’agriculture biologique.
  • C’est l’occasion d’augmenter les ventes directes de produits (marchés de producteurs, farm shops etc.).

II.Objectifs

1) Produire une nourriture de qualité, saine et nutritive.

2) Maintenir et améliorer à long terme la fertilité des sols.

3) Encourager et améliorer les cycles biologiques auxquels participent micro-organismes, faune et flore du sol, plantes et animaux.

4) Favoriser la conservation du sol et de l’eau.

5) Minimiser toutes formes de pollution pouvant résulter des pratiques agricoles.

6) Utiliser dans la mesure du possible des ressources internes à l’exploitation.

7) Maintenir la diversité génétique.

8) Préserver et améliorer le savoir local et traditionnel des différentes techniques agricoles.

Pourquoi ?

1) L’usage de pesticide dans le monde a décuplé entre 1945 et 1975.

2) La consommation d’engrais a aussi fortement augmenté.

3) Pesticides et engrais demeurent dans le sol et nuisent aux micro-organismes du sol et aux vers de terre, résultant par conséquent en une dégradation de la fertilité du sol.

III. Information générale sur l’horticulture biologique

Compost, lombricompost, mulch, plantes de couverture, fumier et suppléments minéraux sont des piliers de l’amélioration du sol qui distinguent ce type de culture de son équivalent commercial. Grâce à une attention spéciale portée à la bonne et saine condition du sol, insectes nuisibles, champignons et autres problèmes affligeant les plantes, peuvent être minimisés. Par ailleurs, les pièges à phéromones, les sprays au savon et autres méthodes de lutte anti-ravageurs dont disposent les producteurs en agriculture biologique, sont aussi utilisés en horticulture biologique.

L’horticulture implique 5 domaines d’étude, qui sont parfois, ou du moins peuvent être, menés selon les principes de l’agriculture biologique :

  • La floriculture (qui inclut la production et la commercialisation de plantes florales).
  • L’horticulture paysagère (qui inclut production, commercialisation et entretien des plantes paysagères).
  • L’horticulture maraîchère (qui inclut la production et la commercialisation de légumes).
  • L’horticulture fruitière (qui inclut la production et la commercialisation de fruits)
  • La physiologie post-récolte (qui implique entretien de la qualité et prévention de toute dégradation des plantes horticoles).

L’horticulture biologique est basée sur un savoir et des techniques accumulés depuis des milliers d’années. De façon générale, l’horticulture biologique met en jeu des procédés naturels, qui s’étendent souvent sur de longues périodes, et une approche durable et holistique, alors que l’horticulture basée sur l’emploi de produits chimiques focus sur des effets immédiats et isolés et repose sur des stratégies réductionnistes.

Les pratiques de l’agriculture et de l’horticulture biologiques s’ancrent dans une conception de la nature où tous les organismes sont interdépendants et donc pour obtenir des plantes saines, il est nécessaire de prendre soin de tout leur écosystème. Ces pratiques vont au-delà de la gestion intégrée des ravageurs, au-delà de l’utilisation de ce qu’on appelle engrais et pesticides biologiques. Elles sont la reconnaissance du concept de « santé intrinsèque » et cherchent à créer un environnement qui assure le bien-être de tous ses habitants.

A. Systèmes d’horticulture biologique

Il y a un certain nombre de systèmes d’horticulture biologique reconnus qui prescrivent des techniques spécifiques. Elles tendent à être plus spécifiques que les standards généraux de la production biologique.

  • L’agriculture biodynamique est une approche basée sur les enseignements ésotériques de Rudolph Steiner.
  • L’agriculteur et écrivain japonais Masanobu Fukuoka a inventé un système de culture sans travail du sol pour la production céréalière à basse échelle qu’il a appelé « agriculture naturelle ».
  • Les méthodes françaises intensives et biointensives ainsi que le SPIN-farming (Small Plot Intensive farming) sont des techniques de jardinage à petite échelle.  Un jardin est plus qu’un simple moyen de produire de la nourriture, c’est le modèle de ce qui est possible dans une communauté : tout le monde pourrait avoir un potager d’un type ou d’un autre (bacs, jardinières, parterres surélevés), produire une nourriture biologique saine et nutritive et créer un lieu où chacun pourrait échanger son expérience et promouvoir un style de vie plus écologique qui dynamiserait l’économie locale. Un simple parterre surélevés de 3m2 basé sur les principes de la culture bio-intensives utilise moins d’éléments nutritifs et moins d’eau et peut approvisionner une famille ou une petite communauté en légumes sains et nutritifs tout en promouvant un style de vie plus écologique.

En complément à un jardin déjà existant, d’autres méthodes peuvent être aussi utilisées, comme le compostage ou le lombricompostage. Il s’agit d’une excellente manière de recycler la matière organique pour en faire un des meilleurs engrais organiques qui soient et un parfait conditionneur de sol. Le lombricompostage est un procédé très facile. Les sous-produits sont aussi une excellente source d’éléments nutritifs pour un jardin biologique.

B. Le sol

« Le sol résulte de l’interaction de trois partenaires égaux : les composants abiotiques du sol, les organismes vivants et les composants environnementaux (température, eau, air), chacun apportant une contribution unique au tout. La synthèse de toutes ces contributions, le sol, est plus grande que la somme de ses parties. Le sol doit être compris et géré selon cette perspective holistique. »[1]

« Le premier composant abiotique du sol est la roche, qui réduite en plus petite particules, contribue à former les composants secondaires : sable, limon, argile et nutriments minéraux. » La « combinaison de la taille, de la forme et de l’arrangement des particules a un effet sur la compactibilité du sol, l’apport en air et la capacité de retenue de l’eau. »[2]

Les organismes vivants apportent les contributions suivantes au partenariat : conversion du gaz carbonique et du nitrogène en composés solides, modification de la fertilité inhérente du sol via une transmutation biologique, conversion des nutriments minéraux du sol en des formes organiques, création de systèmes à multiples niveaux de production de nourriture et de systèmes de stockage et création d’habitats via une amélioration structurelle du sol.

Les composants environnementaux du sol comprennent l’air, l’eau et la température. « Les composants environnementaux deviennent littéralement incorporés dans les organismes vivants et dans l’écosystème du sol. Ils ne sont pas seulement des « facteurs » ou des « influences », ils amènent des blocs de construction essentiels et de l’énergie pour alimenter les processus. Ils sont des participants actifs et vitaux. »[3]

Le sol est un écosystème « créé via la disponibilité proportionnée et l’interaction de l’ensemble des trois partenaires. Le sol est l’habitat que les organismes vivants ont créé de façon synergique pour eux-mêmes. Notre tâche est de les encourager et non pas de les mettre hors d’état de servir. »[4]

La gestion du sol est très importante. Si votre jardin est sain, alors les insectes n’attaqueront pas les plantes. Les insectes n’attaquent que les plantes non saines. Pour garder votre jardin en bonne santé, donnez-lui pour survivre de la matière organique et de l’humus. Le plus important est de prodiguer à votre jardin beaucoup d’attention et de votre énergie.

C. Les éléments nutritifs

En agriculture biologique, sont principalement utilisés, fumier animal, compost, engrais verts, biofertilisants et engrais biologiques mélangés. L’azote est fourni par des plantes légumineuses contenant des bactéries symbiotiques fixatrices d’azote et par des bactéries non-symbiotiques se trouvant dans le sol. L’enrichissement en phosphate se fait par l’incorporation de roche phosphatée, de VAM (Vesicular Arbuscular Mycorrhiza –  solubilise le phosphore pour obtenir une disponibilité plus grande pour les plantes) et de compost traité aux VAM. Le potassium est fourni par des cendres de bois, du varech, des tiges de tabac, utilisés seuls ou en combinaison. De plus, laisser une couche de mulch permanente réduit le lessivage du potassium. L’application de chaux 2- 3 mois avant l’ensemencement permet de corriger l’acidité du sol.

D. Lutte anti-ravageurs : approches

Les différentes approches qui existent en matière de lutte anti-ravageurs sont toutes également remarquables. En horticulture chimique, un insecticide spécifique peut être appliqué pour éliminer rapidement un insecte nuisible particulier. Les insecticides chimiques peuvent réduire de façon dramatique les populations de ravageurs en un temps très court, cependant ils tuent (ou affament) inévitablement les animaux et insectes participant au contrôle naturel, causant à long terme une augmentation des populations de ravageurs, ce qui revient à une augmentation sans fin du problème initial. Un usage répété des insecticides et des herbicides encourage aussi une sélection naturelle rapide des insectes, plantes et autres organismes résistants, nécessitant par là d’utiliser plus de pesticides ou de nouveaux pesticides plus puissants.

A l’inverse, l’horticulture biologique a tendance à tolérer certaines populations de ravageurs, privilégiant le long terme. La lutte organique contre les ravageurs requiert une connaissance approfondie des cycles de vie et interactions de ces derniers. Elle s’appuie sur l’effet cumulé de plusieurs techniques, comme :

  • Permettre un niveau acceptable de dégâts
  • Encourager les auxiliaires prédateurs à se développer et à se nourrir des ravageurs
  • Encourager le développement de micro-organismes bénéfiques
  • Sélectionner soigneusement les plantes en choisissant des variétés résistantes aux maladies
  • Utiliser des minitunnels pour protéger les plantes pendant les périodes de migration des ravageurs
  • Faire tourner les cultures sur différents lieux d’année en année pour interrompre les cycles de reproduction des ravageurs
  • Utiliser des pièges à insectes pour suivre et contrôler les populations.

Chacune de ces techniques apporte aussi d’autres avantages, comme la protection, l’amélioration, la fertilisation et la pollinisation du sol, la conservation de l’eau et le prolongement de la saison. Ces bienfaits sont à la fois complémentaires et cumulatifs dans leur effet global sur la santé du site. La lutte organique et la lutte biologique contre les ravageurs peuvent être menées dans le cadre de la gestion intégrée des ravageurs (ou IPM). Cependant, la gestion intégrée des ravageurs inclut parfois l’utilisation de pesticides chimiques, ce qui ne fait pas partie des techniques biologiques ou organiques.

E. Gestion des ravageurs, des maladies et des mauvaises herbes

Rotation appropriée des cultures, engrais vers, utilisation mesurée de fertilisants, soin particulier des pépinières, mulching etc., tout cela joue un rôle important dans la lutte anti-ravageur et anti-maladies. Les pratiques suivantes sont recommandées :

1) Utiliser du trichoderma pour le traitement des semences ;

2) Utiliser des variétés résistantes ;

3) Utiliser du matériel de plantage non-contaminé ;

4) Appliquer du mulch pour les légumes et fruits en contact avec le sol ;

5) Nettoyer les résidus de récolte ;

6) Avoir recours à la jachère et à la submersion d’été

7) Utiliser les sprays Bt, NPV, Beauveria

8) Utiliser des pièges à insectes : piège aux phéromones, piège à lumière, piège jaune, piège collant etc.

9) Utiliser des pesticides d’origine végétale comme le neem, l’ail etc. Voir l’article détaillé : Quelques insecticides à base de plante.

10) Utiliser des cultures pièges pour détourner les insectes de la culture principale. Voir l’article détaillé : Les cultures pièges : une stratégie de gestion des ravageurs.

F. Recherche menée en horticulture biologique

Voir l’article détaillé : Recherche menée àu Centre de Recherche et de Vulgarisation Horticulturale de Long Island (LIHREC)

IV. Le cas de l'Inde

A. Impacts négatifs de la Révolution verte (1967-1977)

1) Fatigue du sol dû à une culture intensive

2) Stagnation du rendement des “variétés à haut rendement” (ou HYV)

3) Baisse de l’efficacité des intrants

4) Déclin du niveau hydrostatique

5) Prédisposition accrue aux ravageurs et aux maladies

6) Ravageurs devenant tolérants aux pesticides

7) Salinité du sol accrue

8) Déséquilibre sérieux du statut des éléments nutritifs

9) Déficience en micro-éléments et éléments nutritifs secondaires (soufre, zinc, bore, fer, manganèse, molybdène, incluant une déficience universelle en NPK)

10) Contamination au nitrate des eaux souterraines

11) Accumulation de métaux lourds comme l’arsenic, le plomb et le cadmium

12) Présence de résidus de pesticides dans la nourriture et des échantillons de lait

B. Statut actuel de l'Inde en agriculture biologique

1) Rang 33 au niveau mondial pour ce qui est de la surface dédiée à l’agriculture biologique

2) Rang 88 au niveau mondial pour ce qui est du rapport entre la surface totale cultivée et la surface dédiée à l’agriculture biologique

3) Le total de la surface cultivée sous certification correspond à 339’113 ha (toutes cultures) ; principaux légumes cultivés : okra, aubergine, tomate, pomme de terre, oignons, ail

4) Surface totale cultivée : 2,8 millions ha

5) 70 districts du pays consommant moins de 25 kg/ha de NPK ont été identifiés comme étant des surfaces potentielles

V. Conclusion

L’agriculture et l’horticulture biologiques aident à régénérer les sols en état de dégradation et à faire de la production, une production durable. Il est souhaitable par conséquent de promouvoir ce type d’agriculture. De plus, le potentiel de l’agriculture et de l’horticulture biologiques ne fait que croître tandis que la demande sur le marché augmente et que les consommateurs sont prêts à payer des prix plus élevés pour obtenir des produits de qualité.

 


[1] Heide Hermary. Working With Nature - Shifting Paradigms. Gaia College Inc. 2007. ISBN 9780973568721, pp. 35-36.

[2] Heide Hermary. Working With Nature - Shifting Paradigms. Gaia College Inc. 2007. ISBN 9780973568721, pp. 35-36.

[3] Heide Hermary. Working With Nature - Shifting Paradigms. Gaia College Inc. 2007. ISBN 9780973568721, p. 44.

[4] Heide Hermary. Working With Nature - Shifting Paradigms. Gaia College Inc. 2007. ISBN 9780973568721, p. 45.

 


Contenu basé essentiellement sur la traduction de l'article agrowiki suivant :

Organic Farming in Horticulture

 

0
Your rating: None

Please note that this is the opinion of the author and is Not Certified by ICAR or any of its authorised agents.