Skip to main content

Gestion intégrée des ravageurs du riz

Gestion intégrée des ravageurs du riz

 Le riz, aliment de base de la moitié de la population mondiale voir plus, est cultivé sur approximativement 148 millions d’hectares de terres.  Presque 90% de ces terres se trouvent en Asie. La gestion intégrée des ravageurs (IPM) est une approche écologique large de la gestion des ravageurs employant toutes les compétences techniques et pratiques disponibles, comme par exemple, les méthodes culturales, génétiques, mécaniques et biologiques, incluant en dernier recours l’application de pesticides chimiques, ce, d’une manière harmonieuse et compatible, en vue de supprimer les populations de ravageurs en deçà du niveau de préjudice économique, en se basant sur une surveillance et un suivi réguliers. L’IPM est une approche et un procédé dynamiques, qui varie selon le lieu, le moment, la plante et le ravageur concernés et qui tend à minimiser les pertes de récoltes tout en prenant en considération, outre la préservation de l’environnement, le bien-être humain et animal. Vivre et laisser vivre est la philosophie derrière l’IPM. L’approche IPM a été globalement acceptée car elle va de paire avec une agriculture durable. Le gouvernement indien recommande dans sa politique nationale agricole le recours à l’IPM.

Le riz est soumis aux attaques des insectes, des maladies, des mauvaises herbes, des rongeurs et des nématodes. Certains de ces ravageurs sont d’importance nationale, tandis que d’autres ne sont significatifs qu’au niveau régional. Sont d’importance nationale des insectes comme la cécidomiye du riz (Orseola oryzae), le delphacide du riz (Sogatodes oryzicola), la cicadelle à dos blanc (Sogatella furcifera), la pyrale jaune du riz (Scirpophaga incertulas), la chenille enrouleuse des feuilles (Cnaphalocrosis medinalis), la cicadelle brune (Nilaparvata lugens), des maladies comme la pyriculariose du riz (Pyricularia oryzae), la bactériose des feuilles du riz (Xanthomonas campestris pv. Oryzae), la pourriture à sclérote de la gaine (Rhizoctonia solani), des mauvaises herbes comme Panicum spp., Cyperus spp. et Echinochloa spp. et enfin des rongeurs comme le rat bandicoot du Bengale (Bandicota bengalensis), le mulot (Mus spp.) et le rat d’herbe (Millardia meltada).

Suivi des ravageurs

Analyse de l’agro-écosystème (AAES)

L’AAES est une approche pouvant être utilisée pour analyser l’état d’une parcelle concernant, les ravageurs, les prédateurs, les conditions pédologiques, la santé des plantes, et l’influence des facteurs climatiques, ainsi que leur interrelation dans la culture d’une plante saine. La méthodologie de l’AAES est la suivante :

  • Observations au champ

Il faut pénétrer sur la parcelle à au moins 1 mètre 50 de la diguette, puis sélectionner une zone d’une dimension d’au moins 1 m2. Des observations visuelles sont faites sur les insectes volants (ravageurs et auxiliaires), sur les ravageurs et les auxiliaires demeurant sur la plante et sur les ravageurs comme les foreurs de tiges qui demeurent dans le sol. Il faut prendre aussi note des incidences de maladies, des dommages causés par les insectes, des types de mauvaises  herbes, de leur taille et de la densité de leur peuplement en relation avec la plante, et des conditions pédologiques. Il faut aussi observer les terriers de rongeurs vivants et prendre note des facteurs climatiques de la semaine précédente (ensoleillé, partiellement ensoleillé, nuageux, pluvieux etc.).

  • Représentation graphique

Il faut ensuite représenter sous forme de dessin les ravageurs et les auxiliaires, indiquer les conditions pédologiques, les mauvaises herbes, les dégâts dus aux rongeurs etc. Les plantes saines seront représentées en vert et les plantes malades en jaune. Ravageurs et auxiliaires doivent être dessinés sur la partie même de la plante où ils ont été vus pendant l’observation.

  • Discussion en groupe et prise de décision

Les agriculteurs discutent entre eux des informations relevées sur les cartes. Les vulgarisateurs agricoles lorsqu’ils visitent le village mobilisent les agriculteurs et font une analyse critique de facteurs comme les populations de ravageurs et d’auxiliaires, l’influence du temps météorologique prédominant et des conditions pédologiques sur la formation possible de populations de ravageurs/auxiliaires. Des décisions sont prises regardant la mise en liberté d’auxiliaires, l’application de pesticides non nocifs à utiliser dans des cas spécifiques.

Stratégies de l’IPM

Pratiques culturales

Les pratiques culturales sont une part intégrante de l’IPM. Labour d’été, sélection de semences saines, plantation au moment opportun, création de pépinières saines, désherbage, usage modéré de fertilisants en suivant les recommandations, sont autant de pratiques culturales à suivre dans la gestion des ravageurs du paddy.

Pratiques mécaniques

Les pratiques mécaniques comprennent l’arrachage et la destruction des parties infestées des plantes, la coupe des extrémités des pousses, la récolte des œufs et des larves de ravageurs et leur placement dans des cages de bambou pour la conservation des agents de biocontrôle.

Pratiques de lutte biologique

Les agents de biocontrôle comme les coccinellidés, les araignées, les demoiselles et les anisoptères doivent être préservés. Du chlorpyriphos est utilisé pour traiter par trempage les racines des pousses. Œufs et foreurs sont ramassés et placés dans des cages en bambou sur perchoir jusqu’à la floraison. Cela permet de laisser s’échapper les œufs parasités et d’attraper et tuer les larves en train d’éclore.

Contrôle comportemental

Des pièges aux phéromones sont installés à hauteur de 20 pièges par hectare, 10 jours après la transplantation, pour attraper les pyrales jaunes.

Mesures de lutte chimique

En IPM, les mesures de contrôle chimique sont un dernier recours. L’application de pesticides doit être basée sur un besoin réel et un suivi de l’état de santé des plantes, une observation des niveaux de seuil économique et la préservation des agents naturels de biocontrôle doit être assurée avant de se décider en faveur de l’usage de pesticides.

Niveaux de seuil économique (ETls) des principaux insectes ravageurs du riz

  • Foreur de tige : Modéré à sévère en pépinière, 5% de cœurs morts ou une masse d’œufs/m2 du stade de plantation au stade de tallage ou un papillon/m2 du stade de l’initiation paniculaire aux stades de montaison ou de floraison.
  • Cécidomyie du riz : Une/m2 dans les zones endémiques ou 5% de talles affectées dans les zones non-endémiques. 5% de talles affectées correspond au seuil économique au stade de mi-tallage.
  • Hydrellia philippina : 20% de buttes endommagées jusqu’à 30 jours après le plantage.
  • Chenille des fourreaux : 1 à 2 chenilles par butte.
  • Chenille enrouleuse des feuilles : Une feuille endommagée par butte ou une larve par butte au plantage et 1-2 feuilles fraîchement endommagées par butte au stade de mi-tallage ou au stade de l’initiation paniculaire jusqu’au stade de montaison.
  • Hispe : Un adulte ou une larve par butte du plantage au stade de pre-tallage ou un adulte ou 1 à 2 feuilles endommagées par butte au stade de mi-tallage.
  • Cicadelle verte du riz : 2 insectes par butte dans les zones endémiques du tungro, 10 insectes par butte dans les autres zones au stade de tallage et 20 insectes par butte du stade de mi-tallage aux stades d’initiation paniculaire et de montaison.
  • Cicadelle brune : 5 à 10 insectes par butte au stade de tallage. Du stade d’initiation paniculaire au stade de montaison, 20 insectes par butte, tandis qu’on en compte 5 à 10 au stade de floraison et après la floraison.
  • Cicadelle à dos blanc : 10 insectes par butte au stade de tallage et 5 à 10 insectes par butte au stade de floraison et après la floraison.
  • Punaise gundhi : 1 ou 2 punaises par butte.



Contenu essetiellement basé sur la traduction de l'article agropedia suivant :

Integrated Pest Management (IPM) in Rice

0
Your rating: None

Please note that this is the opinion of the author and is Not Certified by ICAR or any of its authorised agents.